Osez parler pour trouver des solutions

Oser parler pour trouver des solutions

À 37 ans, je suis  devenue aidante familiale suite à  l’accident de mon mari en 2012. Un rôle dont j’ai mis du temps à reconnaître, mais qui m’a transformée. 
Aujourd’hui, je l’assume amplement et je veut en faire une force dans ma vie personnelle et professionnelle.

 

Le coup de grâce 

J’ai 50 ans mais dans ma tête j’en ai toujours 10 ans ! Je suis maman de deux garçons de 19 et de 13 ans, et depuis 2013, je suis aidante familiale de mon mari.

En Mars 2012, mon époux à éviter un camion qui avait pris un rond-point en sens inverse et il a effectuer plusieurs tonneaux. Trois semaines de réanimation, 6 mois de rééducation, et 1 an d’hospitalisation à domicile.
Entre temps notre petit dernier Fréderic, est né en Août 2012, 5 mois après l’accident de son papa.  Depuis, mon mari vit avec un handicap visible lié à des séquelles cognitives, une arthrodèse dans le dos, un pied cassé,  et vit sur une hanche cassé.

Absolument rien ne peut être réparer sous peine d’être paralysé de la tête au pied. 
Toute notre vie a été réorganisée. J’ai compris qu’être aidante, c’est s’adapter, tout le temps. Ce n’est jamais linéaire. Lors de l’hospitalisation à domicile dans le Sud de la France, plus précisément à Barbentane on m’avait conseillé d’être suivie par une assistante sociale.

Le mot « aidant » a été prononcé, mais je n’ai pas vraiment compris le sens tout de suite. À ce moment-là, je n’avais pas la tête à ça. J’étais focalisée sur la survie de mon mari, la naissance de Frédéric et la scolarité de son grand frère Sébastien qui avait  6 ans.

J’ai mis plusieurs semaines à accepter ce rôle, à m’y reconnaître. Ça m’a longtemps dérangée, car j’avais beaucoup de remarque désobligeante, heureusement que ma famille m’a BEAUCOUP soutenu et aider !
J’ai accepté cette étiquette : je suis aidante.

 

C’est un rôle essentiel:

Mon mari a des troubles cognitifs, des pertes importante de l’équilibre, ne peux faire que quelques pas, vit sur une hanche cassée et un pied cassé, (qui ne peux pas être réparer !) : il ne coordonne plus ses idées comme avant. 

Je dois anticiper, réagir à ses ressentis, trouver des solutions. Je fais en sorte que tout fonctionne autour de lui, pour qu’il se sente bien. J’ai toujours été empathique, mais là, je me dépasse.

« Être aidante, c’est répondre aux besoins physiques, émotionnels, logistiques d’un autre. Sans ce rôle, tout peut s’effondrer. »

 

Survivre après:

Avant l’accident, j’avais une vie bien remplie : j’avais créer ma micro-entreprise dans le commerce de détail et dans l’événementiel, une routine rythmée par les journées chargées, les soirées tardives, la gestion de la maison et de ma famille.

Je ne me posais pas vraiment de questions.

Puis, tout a basculé : l’’accident de mon mari a été un choc brutal. 

On m’a parlé de pronostic vital engagé. C’est dans ce moment d’urgence absolue que ma vie a changé. Heureusement, il a survécu. Mais il est resté marqué, avec des séquelles visibles et invisibles.

Depuis son accident, il n’a plus jamais été le même. Plus de travail, obliger de rester h24 dans un lit médicalisé.

Physiquement et surtout psychologiquement pour lui c’est vraiment très dur !
Mon mari ne supporte absolument pas son statut d’handicapé et surtout il n’est plus le soutiens de la famille et ça le rend dépressif et paranoïaque.
Je reste donc dans une forme de vigilance constante. Toujours en alerte, attentive au moindre signe de difficulté.

On apprend à avancer, à gérer, sans toujours prendre le temps de comprendre ce qui nous arrive. Pendant longtemps, je n’ai pas mis de mot sur ce que je vivais.

Je ne me disais pas « aidante ». Je faisais simplement ce qu’il fallait pour tenir notre quotidien à bout de bras, obsédée de retrouver ma vie d’avant.

Mais ce n’était, en vérité, plus le cas. J’ai dû changer de statut au niveau de ma micro-entreprise pour pouvoir rester près de lui. 

Car depuis l’accident et la rééducation de mon mari, il ne supporte absolument pas d’être loin de moi ! 

 

De l’obsession à la paranoïa:

Depuis quelques temps mon mari m’a éloigné de ma famille et de mes amis, tout ce que je voulais entreprendre il le cassait derrière 😣 Il m’isolait.

La crise sanitaire, la guerre en Ukraine ont accentué ses peurs qui se sont transformés en véritable obsession incontrôlable !

Depuis des mois et des mois il est convaincus que toutes les personnes qui l’entoure sont des espions.

Certes avant son accident nous travaillons ensemble, nous avions des amis, mais maintenant tout a changer !

Avec un lourd traitement morphinique une perte d’équilibre et de mémoire constante, il est devenu dépressif et pessimiste. Il ne veut absolument pas d’aide extérieur … Sauf la mienne 😣

 

Survivre pour mes enfants malgré tout !

Malgré tous cela,  j’ai pris un temps pour me retrouver, pour réfléchir à ce que je voulais vraiment.

Je me suis remise a la marche, j’ai repris la photo et le dessin,  j’ai approché des associations d’aidants, dans mon nouveau village je suis bénévole auprès d’une épicerie.

J’avais besoin de transformer ce rôle en quelque chose de positif. 

J’ai connu une dépression, mais je me suis dit : on a frôlé la mort, alors comment garder le cap ?

Faire du bien aux autres m’a fait du bien à moi aussi. On pense qu’on donne, mais en fait, on reçoit beaucoup.

Ce rôle m’a appris la résilience. Je ne savais pas que j’avais cette force de caractère, cette persévérance.

Ce que j’ai appris à l’école d’aide-soignante ne m’a jamais autant servi que ce que j’ai appris dans l’aidance: gérer des rendez-vous médicaux, négocier, ne rien lâcher, rester debout même quand c’est dur.

C’est une autre forme de compétence, qu’on sous-estime, mais qui est très précieuse.

 

Ce qui m’a aider à reprendre confiance en moi !

 Mes deux garçons. Au moment de l’accident j’étais enceinte de 4 mois de Frédéric et Sébastien avait 5 ans.  J’ai compris que ce que je vivais avait de la valeur.

Ils m’ont permis de réaliser que, même si je n’étais plus en micro-entreprise, je continuais à développer des aptitudes grâce à l’aidance et être maman,  telles que la coordination, l’organisation, la gestion de crise, la résilience.

Des qualités que j’avais peu valorisées jusque-là mais qui sont très utile quand on veux reprendre un métier en freelance. 

J’ai rencontré d’autres femmes aidantes. J’ai compris que je n’étais pas seule. Et surtout, j’ai appris à parler positivement de ce rôle, à le traduire en compétences transférables, en expériences concrètes. 

C’est là que j’ai commencé à envisager un avenir professionnel aligné avec ce que je suis devenue. Aujourd’hui, je le dis clairement : je suis aidante. Je ne peux plus faire semblant. Cette expérience fait partie de moi, elle m’a transformée.

 

Et maintenant avancée 

Aujourd’hui, je suis épanouie dans mon métier d’assistante digitale freelance où je peux valoriser à la fois mon expérience pro d’avant, et mes compétences humaines d’aujourd’hui.

La marche, le dessin et la photo m’ont aidé à retrouver un équilibre, à me reconnecter à mes besoins. Je suis aidante, mais je suis aussi un être humain avec des besoins.

Si je ne prends pas soin de moi, je n’ai plus d’énergie pour personne. Je me rappelle ce qu’on m’avait dit à l’hôpital : « Reposez-vous, c’est important car cette situation va durer » 
Sur le moment, je n’ai pas voulu l’entendre. Avec le recul, c’était essentiel. Il faut trouver des bulles d’oxygène, sinon on s’écroule.

Au début, j’étais là, mais j’existais à peine. Je m’effaçais. Je m’oubliais dans les besoins de mon mari et de ma famille en mettant de côté les miens. 
J’en ai payé le prix fort. Ce que j’ai toujours voulu, c’est transformer les choses en positif. C’est ma nature, même dans les pires moments.

On n’est pas formés pour être aidants. Il n’y a pas de mode d’emploi. Mais on peut apprendre, progresser, et faire du mieux qu’on peut.

 

Parler pour les autres 

Il faut en parler. En parler, ce n’est pas se plaindre. C’est poser les bases pour trouver des solutions. Le jour où j’ai assumé mon rôle d’aidante, les portes ont commencé à s’ouvrir. 

Il ne faut pas attendre que les autres devinent : c’est NOTRE responsabilité de partager et d’assumer nos expériences pour que notre légitimité soit reconnue, nous sommes nos meilleurs « portes paroles ». 

Image d'un portrait avec des retouches pour donner plus de valeur.

Je suis Antoinette, (Nanette pour les intimes).

Je suis assistante digitale freelance dans le domaine du commerce de détail et de l’e-commerce.

Maman de deux garçons de 19 et 13 ans ainsi qu’aidante familial de mon mari depuis plus de 13 ans.

Passionnée de manga, d’animés, de jeux vidéos et du Japon, j’allie ma passion avec mon métier.

Je suis une personne optimiste, rigolote, à l’écoute et bienveillante. Mes valeurs sont le reflet de mes client(e)s.

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